Les FLITNER par Michel Pelosse pour les anciens de Sallanches ..le grand Arvet

 JEAN ET MIE FLITTNER

 

(1880.1959 1887-1965)

 

 

Quarante ans après, ce récit fait appel à ma mémoire, ainsi qu’au témoignage de personnes survivantes qui ont très bien connu les Flittner, en particulier Suzanne Chanel, Emilie Pelosse, Arlette Challamel, Martine et Frédéric Lesemann, ainsi que quelques autres qui ont pu donner des détails. 

 

Jean Flittner est né au Danemark, dans une famille nombreuse d’une vingtaine d’enfants. A l’âge de 14 ans, parce que son père le destinait à la profession de boucher – mais est-ce vraiment la seule raison ? - il quitta son pays. Au passage de la frontière, « il secoua la poussière de ses chaussures en se promettant de n’y plus revenir », promesse qu’il tint.

 

Il pérégrina ensuite en Allemagne, en Italie, en Algérie. 

 

Vraisemblablement avant la première guerre mondiale, il se maria avec Mie (Maria) Morel, de nationalité suisse, genevoise, mais dont les ancêtres venaient de Touraine. Ils se connurent en pratiquant l’alpinisme et la montagne. Jean m’a dit être allé quatre fois au Mont Blanc en servant de guide, même la première fois. Pour les alpinistes, je signale qu’il me parla de ses escalades au Salève, en particulier de l’écaille jaune, un bon 5ème degré, avec les espadrilles de corde de l’époque et un assurage des plus précaires, vu nos conditions d’aujourd’hui. Beaucoup plus tard, même à 60 ans passés, il emmena ses pensionnaires dans de petites ascensions : Pointe Percée, Aiguille du Colonné, Pic Jalouvre… Son grand piolet est maintenant accroché au mur de la salle commune.

 

Au début des années 20, (1922 ou 23) Jean était contremaître dans l’entreprise du père de Suzanne Chanel, à Thoissey, dans l’Ain. Son épouse tenait le bureau. Cette entreprise travaillait le bois. Ils étaient considérés comme un couple très original.

 

C’est à cette époque que mes grands- parents Doizi firent la connaissance des Flittner. Mon grand-père était sculpteur sur bois. Ma mère, Emilienne, était en pension à Mâcon avec Suzanne, au moins pendant les classes de 6ème et 5ème.

 

Les Flittner eurent un très grave accident d’automobile, à un carrefour de la nationale 6, vers Mâcon, ​ « au monument Voisin ». Jean conduisait une petite voiture de marque Citröen, à l’arrière pointu. Le carrefour étant connu comme dangereux, Jean s’arrêta, alla vérifier à pied qu’aucune voiture n’était en vue, retourna à son véhicule et repartit. Le choc fut violent. Mie eut un défoncement de la boîte crânienne dont elle garda des séquelles toute sa vie. Elle devint distraite, brouillonne, sujette à des étourderies fréquentes, et souffrit constamment lors depuis de très forts maux de tête. Jean qui ne fut pas gravement blessé dans l’accident se lamentait en disant : « J’ai tué ma petite femme ».

 

Quelque temps après, en 1930, ils acquirent une scierie à Collonges sous Salève. Un incendie la détruisit complètement en 1932. « L’assurance était véreuse » me dit mon père: ils furent ruinés ; ne leur resta que le « Petit Arvet » situé au-dessus de Sallanches. C’était un vieux chalet, d’environ 300 ans, mal aménagé, ancienne ferme fort modeste à flanc de montagne sur une pente très raide. Ils l’avaient acheté en 1921, ayant été séduits par la beauté et la tranquillité du lieu. Ils  s’y installèrent. La famille Lesemann les aida pour l’aménagement. Commença alors la seconde partie de leur vie que nous connaissons mieux.

 

Pour gagner leur vie, Mie étant incapable d’avoir un travail suivi, Jean utilisa ses compétences de menuisier sur divers chantiers. Il me parla de l’un d’entre eux, à Combloux. Il y passa plusieurs mois, descendant chaque jour à pied à Sallanches pour remonter à Combloux. Retour le soir. Deux heures dans chaque sens pour un excellent marcheur.

 

Il aménagea petit à petit le Petit Arvet pour en faire une pension de famille, capable d’accueillir une quinzaine d’hôtes. Des centaines de personnes y passèrent. Toutes celles que j’ai connues en gardèrent un souvenir inoubliable.

 

Le confort y était modeste. On se lavait dans sa chambre, après être allé chercher de l’eau dans un broc. Mais tout l’intérieur était en bois, ce qui donnait un certain charme et créait une atmosphère chaleureuse. Mie entretenait des plantes vertes, des « misères » qui descendaient du plafond, des fleurs dans les vases. Elle écoutait beaucoup la radio. Des livres et des revues traînaient  partout. L’entretien avec Mie révélait une personne fine et délicate et de grande culture.

 

A la manière des pays du Nord, pour les repas, chacun utilisait une planchette à découper, pour le pain, la charcuterie,  voire les légumes ou les fruits. Le matin avait lieu le rituel du café. Les plus matinaux avaient le droit de déguster la fleur, c’est-à-dire la première passée. La cafetière était en permanence sur le fourneau et Jean  buvait à longueur de journée un café pas très fort, fruit des nombreuses passées sur la même poudre qui servait toute la journée. Au petit déjeuner, on étendait le miel de poule, (dit aussi lait de poule),  œufs battus avec du lait et du sucre, sur les tranches de pain.

 

Un rituel s’appliquait aussi lors du départ et de l’arrivée des hôtes. Vers La Plagne, les habitués lançaient le premier « jodel » : « On a tout vu » ! Jean répondait en le reprenant d’une  voix perçante. Le dialogue s’interrompait avec la distance lors du départ, ou à l’arrivée quand les visiteurs apercevaient Jean et Mie qui les attendaient. Pour les départs, dans la pente, sous le chalet, au milieu des arbres fruitiers, un grand drap blanc était étendu, bien visible depuis le train. Depuis les fenêtres des wagons, ceux qui  s’en allaient agitaient foulards, chapeaux, vêtements…Ils pouvaient voir au flanc de la montagne, près du grand drap, deux petites silhouettes qui faisaient de grands gestes pour lancer un dernier adieu.

 

Le soir, à la veillée, dans la grande pièce commune, on lisait ; quelques-uns se lançaient dans des jeux de société. Mais je me souviens aussi que l’on chantait beaucoup, parfois accompagné à l’harmonica par Jean. Il l’appelait sa musique à bouche. Les chants de montagne, français ou suisses étaient à l’honneur. Jean aimait que l’on chante « Là-haut sur la montagne, l’était un vieux chalet… ». Parfois il entonnait un chant danois dont je me rappelle très bien la mélodie et dont je peux transcrire les paroles de façon phonétique :

Ya lochteli vétérino

Bienne fiel le li-o-fio

Bienne fiel le li-o-fo.

La signification, je l’ignore ! 

 

Jean s’occupait de tout. Des courses « dans le Sallanches à l’Etoile des Alpes ». Remontant les provisions à pied dans son vieux sac à dos, un cabas à chaque bras, sans oublier le grand parapluie noir au cas où…Une bonne heure pour remonter et trois cents mètres de dénivelé une fois la côte atteinte. De la cuisine où Mie ne devait rien toucher pour éviter les catastrophes, de la vaisselle…

Pendant longtemps, il cultiva des légumes dans un potager où il fallait remonter la terre dans une hotte quand l’orage avait fait son œuvre. Quelques arbres fruitiers : pommiers et pruniers. Quelques chèvres, quelques moutons dont il fallait prévoir le fourrage pour l’hiver ; faucher en descendant, crampons aux pieds quand la pente était trop raide. Un hiver, plus rude que les autres, les bêtes furent nourries avec le crin d’anciens matelas.

Pour l’hiver, il fallait rentrer du bois. D’abord le couper et le débiter dans des endroits impossibles, puis le transporter jusqu’au chalet, à dos d’homme bien entendu. Quant il allait le couper ou le ramasser de nuit, il disait qu’il allait chercher « le bois de lune ».

 

Chaque année, pour l’anniversaire de Jean, Madame Lesemann montait au Petit Arvet avec un gâteau. Papa Flifli en était très content…

 

Mes parents montèrent au Petit Arvet dès avant leur mariage en 1935. J’ai quelques photos de mes premiers séjours en 1941 et 1942 avec mes parents.

 

C’est aussi là que mon père fit la connaissance d’Emilie Ciréfice qu’il épousa en 1946, deux ans et demi après de décès de ma mère. 

 

J’ai le souvenir de la dernière rencontre entre mes grands-parents et les Flittner, à Belleville sur Saône, vers 1950. Visite très courte, peut-être d’une heure. Je ne me souviens pas qui les avait amenés en voiture. L’émotion était très contenue, les paroles rares et pleines d’affection. Ils savaient qu’ils se voyaient pour la dernière fois. J’étais en face de Jean, mal à l’aise dans son vieux costume noir, sa chemise blanche et sa cravate mal ajustée, son éternel béret sur la tête. Mie à ma droite en face de mes grands- parents. Echange ou plutôt allusion aux souvenirs communs, au passé. Pudeur extrême. Il y a des choses que l’on partage sans en parler.

 

Les Flitter ne furent pas bien accueillis après leur installation au Petit Arvet. Après la guerre, les relations furent plus détendues. Jean se querella plusieurs fois avec le père Burnier qui s’était installé avec sa famille au hameau en 1919. Querelles de voisinage d’un Savoyard avec un étranger. Mais ils eurent de bonnes relations avec les Crozet de Reninge et surtout avec les Challamel. Le père Jean Challamel (1902-1999) fut longtemps maire de Saint-Martin-sur-Arve.  Mobilisé sur place au début de la seconde guerre mondiale, pour construire des baraquements, dans l’entreprise Viard, il y fit embaucher Jean, qui conservait malgré tout son activité de pension de famille. Monsieur Viard, un des principaux responsables de la résistance, empêcha aussi qu’il fût liquidé par des maquisards qui l’avaient repéré avec son grand parapluie, et qui prenaient cet homme étranger avec un fort accent pour quelqu’un à la solde des Allemands.

 

 

Durant la guerre, il cacha de nombreux juifs dont des enfants de Lyon. Il aida certains à passer en Suisse. Des jeunes filles avaient été placées par ses soins au pensionnat catholique de Saint-Martin. Ces personnes occupaient deux pièces du rez-de –chaussée, dont l’une assez grande. Les autres pensionnaires montaient dans leur chambre au premier étage en empruntant le couloir qui menait à l’écurie, puis l’escalier, presque une échelle de meunier, isolé par une porte des deux pièces en question . Précaution bien dérisoire. Mon père se souvenait de discussions très vives entre ces gens qui devaient être constamment sur leur garde.

 

Il reçut aussi beaucoup d’enfants de prisonniers de guerre et au moins la femme de l’un d’entre eux, en grande détresse morale. Des enfants convalescents ayant besoin d’une cure de grand air séjournèrent aussi au Petit Arvet. Pour le ravitaillement, un vrai casse-tête à l’époque, il était aidé par la Croix Rouge où travaillait sa belle-sœur, Cécile Huber, à Genève. 

 

Avec les jeunes enfants Mie faisait merveille. Elle savait les intéresser, les occuper, ce qui fut plus qu’utile pendant cette période.

 

Les gendarmes le suspectaient à cause de son nom, et de son accent. Il avait toujours refusé de prendre la nationalité française. Le père Challamel évita son arrestation. Plus tard, quand Jean tomba gravement malade, peu avant sa mort, son ami intervint encore pour qu’il puisse rester à l’hôpital de Sallanches, partageant sa chambre avec sa femme. Challamel rapporta à sa fille Arlette que Jean lui disait parfois : « Tu sais, Jean, j’entre parfois dans une église, dans un temple ou dans une mosquée, c’est tout pareil ». Rare allusion à son séjour en Algérie.

 

Les Flittner ont hébergé Doris, une Anglaise, séparée de son mari. Elle travaillait chez Viard et vivait avec un dénommé Gaston, cuisinier de son état, dont elle eut une petite fille, Patricia. Elle en eut une seconde, Marie-Louise, née en Angleterre. A son retour, plus de Gaston. On sut plus tard qu’il était parti travailler à Megève, mais il  demeurait introuvable. Elle trouva refuge au Petit Arvet.

La tante d’Arlette Challamel, Alice Nicolas, atteinte d’un cancer incurable en 1953 et ne le sachant pas, fut prise en charge par Jean, vraisemblablement ému par le désarroi d’une famille amie. « Venez Alice, je m’en vais vous remonter ». Elle resta au Petit Arvet jusqu’à sa mort. Son corps fut redescendu chez elle où sa mort fut officiellement constatée, pour éviter des procédures judiciaires.

 

En 1958, responsable d’une troupe scoute, j’ai organisé un camp au Grand Arvet, sur un replat au milieu de la forêt, vers 1000 mètres d’altitude. Je séjournai quelques jours pour préparer le camp pendant les vacances de Pâques. L’été 58, je profitais de toutes les occasions, ravitaillement, courses diverses pour passer le plus longtemps possible avec les Flittner. Ce furent mes derniers entretiens avec eux. 

Jean était très affaibli. Il avait une énorme hernie ventrale qui saillait sous son pantalon, mais qu’il ne voulait pas faire opérer peut-être pour des raisons pécuniaires, peut-être aussi par fierté, tant qu’il n’y était vraiment pas obligé. L’idée d’entrer à l’hôpital était sa hantise. Il n’avait pas confiance en la médecine et se proposait de temps en temps comme un peu guérisseur. Ses méthodes étaient énergiques : pointes de feu avec le tisonnier (l’a-t-il vraiment fait ? Peut-être sur lui-même ?), frictions à la térébenthine, à la terre pour les piqûres d’insectes, frelons compris.

 

Au début de l’été 1959, un jour, Mie ne le vit pas revenir des courses. Malgré ses difficultés, elle partit à sa rencontre et le trouva assis sur le bord du chemin. Il lui dit qu’il ne pouvait plus avancer. Ils restèrent quelque temps à l’hôpital. Bien que prévenu très tard, j’ai pu me rendre à son enterrement un beau jour de septembre. Je me souviens de la cérémonie à l’église de Sallanches, organisée par le père Soulier, ami de mes parents, qui avait connu les Flittner quelques mois auparavant et s’était attaché à eux. Officiellement, Jean n’était plus protestant, mais cela était sans importance. Je me souviens de mon émotion lorsque j’ai vu le cercueil de sapin, qu’on eût dit passé au brou de noix. L’enterrement des pauvres et indigents. Mais c’était les funérailles d’un homme libre, généreux, grave et aussi plein d’humour. 

 

Mie était partie vivre à Genève près de sa famille avant la mort de Jean.). Lorsque qu’elle n’a plus pu descendre (gringoler) à Sallanches, elle n’a pas supporté la solitude et Jean ne voulait pas quitter le Petit Arvet. Sans pensionnaires, le Petit Arvet lui était un exil. Ils se visitaient assez souvent. Les amis de Saint Martin aidaient au trajet quand, après la guerre, les jeeps de l’armée américaine furent achetées par bon nombre de savoyards. A Genève, Jean était, paraît-il, très mal à l’aise. 

 

A l’époque, Suzanne Chanel enseignait à Bonneville (1950-1956). Pendant six ans, elle monta souvent au Petit Arvet passer la fin de semaine. Il lui est arrivé de trouver Jean, prêt à dîner de son café légendaire et de pain, parfois sans feu -que peut-être il n’avait pas eu le courage d’allumer- se contentant de son fauteuil d’osier garni d’une peau de mouton. Suzanne ne saurait plus dire de quoi ils parlaient. Il avait le souci de l’avenir de Mie, mais sans insistance ni lamentations, ce n’était pas son genre. Elle se souvient qu’ils riaient beaucoup, en particulier de ses histoires mille fois racontées, assaisonnées d’un accent inchangé depuis son arrivée en France.

Il ne pouvait plus recevoir de « clients » (ou si peu) à l’époque. Suzanne lui a souvent amené des collègues qui l’accompagnaient le samedi ou le dimanche, ceux du moins qui ne reculaient pas devant la montée. Un des derniers clients que Suzanne a rencontré était un homme d’une trentaine  d’années, qui relevait d’une intervention chirurgicale. C’était en mars 1950. C’est l’auteur du portrait très ressemblant qu’il a dessiné de Jean et dont on peut voir une photo dans la salle à manger du Petit Arvet.

 

Mie mourut en 1965. Selon sa volonté, elle fut incinérée et ses cendres dispersées sur la tombe de Jean. C’était pendant mon service militaire, je ne fus prévenu qu’après sa mort.

 

 

 

« Quant au souvenir que les Flittner ont laissé chez ceux qu’ils ont accueillis, dont assez souvent les membres de la famille danoise, (Greta est restée des mois, peut-être une année, à la suite d’un chagrin d’amour), Suzanne Chanel témoigne qu’il ne s’est guère passé d’été sans que quelque personne ne vienne revoir les lieux, les montrer à ses proches en me disant : « J’étais ici à tel âge…etc. ». J’ai revu Greta et les siens, tant d’autres parmi les enfants de la guerre. Certains sont montés pendant notre absence, voyant les voisins ou laissant un message »

 

Mes relations avec Mie n’étaient pas toujours faciles vu son état et mon âge d’adolescent. Elle avait un côté assez rigide, était très prude, d’une morale un peu corsetée. Elle me mettait en garde contre des poètes ou écrivains que j’appréciais beaucoup comme Baudelaire. Pour un de mes anniversaires, elle m’offrit un petit carnet à la couverture en plastique transparent de couleur bleue. Sur la première page elle avait écrit le verset de Saint Jean « Dieu est amour ». Je devais avoir une dizaine d’années, ce souvenir m’est resté. Il est juste de dire que tous mes souvenirs liés au Petit Arvet et aux Flittner sont demeurés très vivants.

 

J’aimais bien converser avec Jean, bien qu’il ne fût guère bavard sur ce qui ne touchait pas à la vie courante. Il me dit combien il avait fait attention pour ne pas avoir d’enfants étant donné la santé de sa femme. Il me fit quelques allusions furtives à ma mère où perçait l’estime et le constat d’un malheur à propos de sa mort à 29 ans. Mais il savait aussi rire des petits riens de la vie. Il était serviable et généreux de façon tout à fait naturelle. Je sentais chez lui une très grande liberté et indépendance. Etait-ce le résultat d’une éducation protestante fortement intériorisée ? D’une vie riche et aventureuse où les épreuves n’ont pas manqué ? La compassion et la pudeur. Parmi ceux qu’il a aidés ou sauvés, combien ont marqué leur reconnaissance ? Peu, autant que je sache. Voilà un « juste » qui n’a pas eu la reconnaissance que les juifs ont témoignée à ceux qui avaient sauvé certains des leurs pendant la guerre.

 

Jean et Mie se respectaient et s’aimaient profondément. Ils formaient un couple atypique, original. De leur aventure on pourrait écrire un roman.

 

Jean fait partie de ceux qui ont marqué mon existence. Il est des personnes dont il convient d’accueillir l’héritage comme une obligation d’engagement pour les valeurs qui ont inspiré leur vie.

 

 

Michel Pelosse

 

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