Michel Pelosse à la 32

                


             
Scoutisme à la Guillottière 19521960

 

 

 

Le scoutisme était florissant pour les garçons et les filles. Mon premier camp d’été, en 1952, à 12 ans, à La Ruchère en Chartreuse, fut une révélation. Toutes nos installations furent réalisées en utilisant la technique du froissartage.  Pas un clou. Que des ajustages par encoches fixées au moyen de chevilles bien calibrées, ou par des brelages droits ou croisés, parfaitement exécutés grâce au savoir- faire des plus anciens. Cuisine parfaitement conçue pour 40 personnes, tentes de 8 places sur pilotis, feuillées, salle à manger, chapelle avec autel…A la fin du camp de trois semaines, tout l’espace fut laissé plus propre qu’à notre arrivée, le bois utilisé bien rangé, les ordures descendues au village…

 

Le soir, autour du feu de camp, nous chantions à plusieurs voix. Quelques-uns s’essayaient à déclamer un poème ou à jouer quelques scènettes. Nous connaissions l’existence des maquis en Chartreuse pendant la guerre. J’avais le sentiment que l’ombre de la Résistance planait sur nous. Certains de nos chants rappelaient cette époque.

 

Plus tard, en 1954, je me souviens de ma tristesse en apprenant la chute de Dien Bien Phu.

 

Nous avions aussi installé une croix au sommet du Petit Som de Bonivan, vers 1800 m d’altitude. Elle fut hissée, démontée, en empruntant un couloir en pierrier, un vrai chemin de croix ! Plus tard, elle fut remplacée par une autre plus petite mais résistant mieux aux intempéries.

A moins de 15 ans, j’ai emmené ma patrouille de scouts camper dans le haut Beaujolais pendant une semaine, sans prévenir d'une absence de plus de deux jours. Depuis la gare de Belleville, nous avons fait une vingtaine de km, portant et tirant dans une petite remorque notre matériel et notre nourriture. Je me suis fait engueuler au retour, mais nous avions été très heureux et enthousiastes ! 

 

En 1953, pour le bimillénaire de la naissance de Lyon, déguisés en Romains ou en Gaulois, des milliers de jeunes sont montés de la place Bellecour au théâtre romain de Fourvière. La manifestation était organisée par les divers mouvements du scoutisme, filles et garçons. Nous chantions deux canons, l’un nostalgique, l’autre combattant :

 

Au matin de la Saint Georges,

Bi Pi cueillit une rose,

En l’honneur des anciens temps !

 

(BP, lord Baden-Powell, fondateur du scoutisme)

 

Vive Saint Georges et son combat

Vive tout âme qui se bat

Tant que la route n’est pas libre !

 

Chaque année ou presque, nous fêtions la Saint Georges, de la même manière.

 

Qui dira l’importance des mouvements de jeunesse dans l’apprentissage de la responsabilité et du civisme ?

 














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